9 avril 2026 | Lorient
La 2e édition de « Laissez-moi Kozher ! » s’est tenue le jeudi 9 avril 2026 dans les locaux d’Askoria à Lorient. Elle a réuni 143 participants (professionnels, aidants, citoyens, représentants d’usagers) autour d’une question inconfortable : protéger en fin de vie, où placer les limites ?
Protéger une personne en fin de vie relève de l’évidence… jusqu’au moment où cela cesse d’en être une. Un lit médicalisé installé alors que la personne voulait rester dans le sien. Une entrée en EHPAD qui sécurise l’une mais précipite le déclin du conjoint resté seul. Un enfant qui demande qu’on force sa mère à manger, alors qu’elle ne veut plus. Ces situations ne se rangent pas entre « bonnes pratiques » et « maltraitance » : elles se tiennent dans un entre-deux où l’intention de protéger, parfaitement sincère, peut produire de la contrainte, et parfois de la souffrance.
Une journée en deux temps
La matinée a rendu les tensions visibles. Après une ouverture de l’Espace de Réflexion Ethique de Bretagne rappelant que l’éthique n’est pas une doctrine mais un travail quotidien, une première table ronde a croisé les regard d’une aidante, d’un médecin d’HAD, d’un infirmier coordinateur de CRT et d’une psychologue d’EHPAD : quand la protection prend trop de place, quand protéger l’un fragilise l’autre, quand les directives anticipées ne suffisent pas. Le regard de l’ergothérapie, porté par deux étudiantes de l’IFPEK autour de la notion de privation occupationnelle, a donné une grille de lecture transversale à la journée.
L’après-midi a identifié les appuis. Une seconde table ronde a réuni une sociologue, un représentant des usagers, un formateur expert en droit et un formateur de la démarche Derniers Secours : le droit comme outil (et non comme réponse), la personne de confiance et les directives anticipées à condition d’être discutées, la parole collective comme appui. Deux ateliers – le jeu « A vos souhaits » de la Fédération JALMALV et un Café mortel animé par Ante Mortem 56 – ainsi qu’un Village des Initiatives ont complété la journée.
Ce que la journée permet de retenir
Il n’y a pas de conclusion à une journée dont le propos était précisément de refuser les conclusions. Mais quelques repères ont traversé l’ensemble des échanges. :
- Protéger sans demander ce que veut la personne, c’est déjà commencer à maltraiter.
- La sémantique compte : les mots que nous utilisons disent notre regard.
- Il n’y a pas de bientraitance individuelle dans un système maltraitant.
- Le droit encadre, il ne décide pas.
- Anticiper ne remplace pas, mais rend possible.
- La mort fait partie de la vie.
Une phrase, entendue dans l’un des ateliers, peut tenir lieu de fil conducteur : « On est aujourd’hui dans la construction d’un nouveau modèle d’accompagnement. » Ce modèle ne s’écrira pas en haut de la hiérarchie, ni dans un texte de loi. Il se construit dans des lieux comme celui-ci, où professionnels, aidants et citoyens acceptent de parler ensemble de ce qui les dépasse.
Téléchargez la synthèse ici
Vous y retrouverez l’intégralité des échanges, les repères éthiques, ainsi qu’une liste (non exhaustive) des ressources du territoire breton : orientation et accompagnement, soins palliatifs, prévention et signalement des maltraitances, formation et sensibilisation citoyenne.
Remerciements
Merci aux intervenants et intervenantes des deux tables rondes, aux étudiantes de l’IFPEK, aux animatrices des ateliers, aux acteurs présents au Village des initiatives, ainsi qu’aux participantes et participants qui ont contribué à la qualité des échanges.
Merci à nos partenaires qui ont rendu cette journée possible !


